Parco Archeologico della Neapolis Photos : Anne Wargnies, Sylvie, Stéphane & Daniel Vranckx |
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Les premiers théâtres grecs apparurent vers 550 ACN. On les construisait à flanc de colline, afin de profiter de l'inclinaison du terrain. Les gradins (grec : koïlon ; latin : cauea, substantif que j'utiliserai ici) étaient creusés à même la roche, et formaient un arc de cercle pour favoriser au maximum une acoustique qui était souvent remarquable, à tel point qu'encore aujourd'hui, des théâtres grecs comme ceux d'Epidaure, Syracuse ou Taormine sont encore le lieu de représentations scéniques. Le premier rang était réservé aux notables, prêtres et autorités de l'Etat, tandis que les femmes, les pauvres et les jeunes s'asseyaient en haut. Les prostitué(e)s avaient une zone à part. Tout le peuple se retrouvait au théâtre, ce qui explique ses dimensions considérables : certains pouvaient contenir de 15 à 20.000 spectateurs. Les places étaient bon marché, voire gratuites pour les pauvres. C'est que, derrière les thèmes mythiques ou historiques des tragédies, les plaisanteries scabreuses et les propos crus de la comédie, les pièces, interpellant le corps des citoyens tout entier, posaient des problèmes civiques et politiques. Corollaire : n'étant pas concernés par ces questions, les esclaves étaient exclus des représentations.
L'on accédait à la cauea par des couloirs latéraux (parodoï) situés en bas, et par deux allées semi-circulaires, l'une tout en haut des gradins, l'autre à mi-hauteur (diazoma).
Au centre de la cauea, s'étendait un espace, d'abord circulaire, puis en demi-cercle, l'orkhèstra (du verbe orkhéïstaï, "danser") où, à l'origine, évoluaient les acteurs et le choeur : celui-ci, par des danses et des chants, commentait et soulignait les faits, gestes et paroles des acteurs. Au milieu de l'orkhèstra, était dressé un autel dédié à Dionysos, la thumèlè.
A l'origine encore, une tente ou une baraque en bois (skènè) servant de loge aux acteurs se trouvait à côté de l'orkhèstra. Plus tard, la skènè fut déplacée au centre de celle-ci, fermant ainsi le demi-cercle formé par la cauea.
Vers 300 ACN, enfin,
la skènè
fut réorganisée ; elle comprit désormais deux niveaux
:
- l'inférieur : le proskénion,
colonnade couverte d'un toit plat (logéion),
sur lequel évoluaient les acteurs ;
- le supérieur : la skènè
proprement dite, qui servait à la fois de loge, de magasin aux
accessoires
et de décor. Trois portes y étaient ménagées
: celle du centre était réservée aux rois, tandis
que les femmes et les étrangers entraient par celles des extrémités.
Autrement dit,
l'action se déroulait sur trois
plans superposés :
- le choeur dansait et chantait dans l'orkhèstra
:
- les acteurs jouaient sur le logèion
;
- au niveau supérieur, l'on faisait apparaître les
dieux du haut, au moyen d'une nacelle ou d'une plateforme mobile, la
mékhanè,
ce qui explique l'expression latine "deus
ex machina".
Le choeur, formé en général de 15 acteurs, représentait le peuple, le sens commun, le bon sens. Par ses danses et chants accompagnés à la flûte, il commentait le drame interprété par les acteurs proprement dits.
Tous les rôles, y compris féminins, étaient joués par des hommes. Les acteurs étaient perchés sur des chaussures à semelle épaisse, les cothurnes, et portaient des masques qui servaient à amplifier leur voix, permettaient à un même acteur d'incarner différents personnages et au public d'identifier l'âge, le statut social, l'origine ou l'état d'esprit de ceux-ci. Les costumes de scène de couleurs vives et différents accessoires (couronnes, sceptres, bâtons des vieillards, chapeaux caractéristiques des étrangers,...) facilitaient cette identification. Bien entendu, les masques empêchaient le jeu des mimiques et des expressions faciales, ce qui rendait les attitudes et gestes essentiels pour la compréhension des émotions et sentiments.
Outre la mèkhanè, l'on utilisait d'autres machines de scène et l'on ne reculait pas devant les effets visuels ou sonores spectaculaires : l'on faisait rouler une grosse pierre dans un bassin de cuivre pour imiter le tonnerre ; au moyen d'un panneau noir sur lequel était peint un éclair en or que l'on exposait brusquement aux rayons du soleil, l'on reproduisait la foudre.
En effet, les représentations avaient lieu à ciel ouvert et de jour. Elles s'étendaient parfois sur trois à quatre journées, car elles s'inscrivaient dans le cadre de festivités religieuses. C'étaient donc des temps forts de l'année, des évènements exceptionnels, et non, comme de nos jours, quotidiens. A Athènes, lors des Dionysies, qui se déroulaient fin mars, trois jours étaient consacrés à la tragédie et un à la comédie.
L'exemple le mieux connu est évidemment Athènes. Dans le cadre de la leïtourgia, "dépense privée d'utilité publique" (voir la section 5.3.2. du Kratos du Dèmos), les citoyens les plus riches étaient tenus de payer à tour de rôle les frais des représentations théâtrales. Ils choisissaient non seulement les choeurs et les acteurs, mais aussi et surtout trois auteurs de tragédies sur une liste proposée par les Archontes (voir la section 3.4.2. du Kratos du Dèmos). C'étaient donc trois tragédies qui étaient représentées et, conformément à l'esprit agonistique typiquement grec, mises en compétition. L'auteur, le chef de choeur (khorègos) et l'acteur principal (prôtagônistès) de la pièce déclarée vainqueur par un jury de dix membres et les acclamations du public se voyaient offrir par la cité une couronne de laurier et un banquet.
Les pièces grecques n'étaient
pas divisées
en actes, mais rythmées par les apparitions du choeur. L'on peut
y distinguer quatre temps principaux :
- prologos
: introduction précédant
l'entrée du choeur ;
- parodos
: entrée et premier
chant du choeur ;
- l'action proprement dite, répartie entre deux à
cinq épisodes séparés par les interventions du choeur
;
- exodos
: dénouement et
sortie du choeur.
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Il ne reste actuellement que la cauea, l'orkhèstra, et, à gauche et à droite, les deux massifs rocheux qui encadraient l'ensemble skènè-proskènion. |
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Son premier architecte aurait été un certain Démoskopos "Murilla". L'on ne connaît pas grand-chose de son aspect primitif. La première représentation des Perses d'Eschyle s'y déroula vers 470. L'état actuel résulte de remaniements et d'agrandissements opérés sous Hiéron II, entre 238 et 215 ACN. Aujoud'hui encore, des pièces grecques et latines anciennes y sont jouées tous les deux ans en été. |
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Les gradins supérieurs étaient formés de blocs de pierre équarris. |
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plutôt étroits et raides. |
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Il en reste aujourd'hui 46. A mi-hauteur, se trouvait un palier (diazoma). |
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syracusaines, dont des membres de la famille d'Hiéron II, tyran puis roi de Syracuse de 375 à 315 ACN. |
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Hiéron II avait le sens de la famille. |
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L'on distingue en haut une frise alternant triglyphes et métopes. |
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Muses. Oui, il y a une chute d'eau à l'intérieur... Elle est alimentée par un aqueduc grec de 35 kms, dérivation d'un affluent du fleuve Anapo. |
sacrifices publics. Il faisait partie d'un ensemble comprenant également un portique et un bassin aux lustrations aujourd'hui disparus. Lors de sa consécration, l'on ne sacrifia pas moins de 450 taureaux. |
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pierre destinés à la construction des édifices publics. Il est fort possible que cet ensemble, aujourd'hui à ciel ouvert, ait été couvert, au moins en partie, d'une voute naturelle qui se serait effondrée suite à l'extraction de la pierre et/ou de mouvements sismiques. |
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Latomies étaient beaucoup moins merveilleuses pour les esclaves mineurs qui en extrayaient la pierre. L'endroit devait être nettement plus sombre et poussiéreux. Elles servirent également de prison, notamment aux 7.000
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Latomia < laas, "pierre, rocher" + temnô, "je coupe, j'enlève en coupant". |
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peu encore, y exerçaient leur métier. |
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d'après certains, il s'agit de l'un des piliers de soutènement de la voute aujourd'hui écroulée ; d'autres considèrent que les carrières étaient à ciel ouvert et que le pilier était utilisé comme point d'ancrage des câbles qui, tendus au travers du chantier, servaient au transport des pierres. |
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Lorsque l'on avait repéré en surface une zone susceptible de contenir de la pierre de qualité, l'on taillait ou agrandissait une fissure dans laquelle l'on forçait des coins de bois que l'on mouillait afin de les faire gonfler, ce qui fendait la pierre. L'on descendait peu à peu, en élargissant la fissure au fur et à mesure de l'avancement des travaux. |
carrière. De belles légendes ont fleuri quant à sa destination exacte. C'est ansi que le Caravage lui a donné au XVIIème siècle le nom sous lequel elle est connue encore actuellement. L'on affirmait en effet que, vu les remarquables qualités acoustiques de cette latomie, le tyran Denys l'Ancien (430-367 ACN) l'employait pour espionner ses ennemis. On ne prête qu'aux riches : Denys est aussi "l'inventeur" de l'épée de Damoclès. Une autre interprétation, que je n'aurai pas la cruauté de qualifier, en faisait une sorte d'amplificateur naturel pour le choeur du théâtre, qui se trouve juste à côté. Plus prosaïquement : elle servait, comme les autres grottes, de prison. |
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photographié la latomie avec de sympathiques touristes, afin que l'on évalue sa hauteur réelle. Ses parois ont amplifié et renvoyé toutes sortes
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Elégant et impressionnant, mais prudence ! Son plafond héberge une colonie de pigeons... |
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hypothèses variant du IIème au IVème siècle PCN. |
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140 X 119 mètres. La partie inférieure de la cauea, seule conservée ici, fut taillée à même le roc. Les autres gradins, en pierre, furent bien entendu détruits et réutilisés comme matériaux de construction. |
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aux animaux sauvages (uenationes) et de combats navals (naumachiae). |
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Un fossé la reliait à un local rectangulaire servant probablement à entreposer le matériel scénique destiné aux "effets spéciaux". |
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ACN à l'époque byzantine. |
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fronton triangulaire et de deux colonnes doriques. La légende en a fait celle d'Archimède, que Cicéron aurait redécouverte au Ier siècle ACN. Désolé de vous décevoir : il s'agit d'un colombarium (= pièce munie de niches où l'on déposait les urnes cinéraires) romain. |
http://www.comune.siracusa.it/ |
| Siracusa - Il sito
archeologico
http://www.geocities.com/Athens/Cyprus/3246/main.htm |

Art et histoire de
la Sicile, Casa Editrice Bonechi, 1999
Salvatore Ciurca & Giuseppe
Walter Bologna, Les mosaïques de la villa "Ercula" de Piazza
Armerina
- Morgantina, Nicolò Maltese
Cours de grec de cinquième
et sixième de Mme Leroy, professeur à l'Athénée
Royal d'Auderghem
Jean H. Croon, Encyclopédie
de l'Antiquité classique, Editions Séquoia, 1962
Vocabolario siciliano-italiano,
Biblioteca delle tradizioni popolari, Brancato Editore, 2000
La Sicile, Le Guide
Vert Michelin, 1998
Loretta Santini, Agrigente,
La Vallée des temples et ses environs, Plurigraf, 1995
Syracuse, art, histoire,
culture, Co. Graf. Editrice
Giuliano Valdes et collaborateurs,
Le
livre d'or de Taormina, Casa Editrice Bonechi, 1999

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