Siracusa - Surakousai
Castello Eurialo
Photos : Anne Wargnies, Sylvie, Stéphane & Daniel Vranckx


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Sommaire

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Panorama, ou le pourquoi des fortifications de l'Euryale

Les fossés

La grande batterie

Galeries et passages

Autres restes de fortifications

Bibliographie

Panorama,
ou le pourquoi des fortifications de l'Euryale

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De l'Euryale vers  le nord : la baie d'Augusta.

 
Plateau des Epipoles                   Syracuse                  Ortygie             Grand Port 
De l'Euryale vers le sud :
à gauche, les Epipoles (= "au-dessus de la cité"), plateau qui descend en pente douce vers la ville.
La langue de terre claire qui s'avance dans la mer au centre de la photo est l'île d'Ortygie, qui ferme le
Grand Port, de forme grosso modo rectangulaire.

 
Syracuse                      Ortygie               Grand Port                                                             Vers le fleuve Asinaros
Le grand port et la plaine au sud-ouest de Syracuse, vers le fleuve Assinaro/Asinaros.

 
En 415, les Athéniens, appelés par la cité sicilienne de Ségeste attaquée par ses voisins de Sélinonte,
elle-même alliée de Syracuse, décident d'intervenir en Sicile. Ce qui n'était à l'origine qu'une petite
expédition de secours se transforme, suite à une maladresse de tactique politicienne de Nicias, leader de la
faction modérée, et sous l'influence des arguments quelque peu mégalomanes d'Alcibiade, en opération de
grande envergure : il s'agit ni plus ni moins que d'établir l'hégémonie athénienne sur la Sicile, et, pour cela,
de s'emparer de Syracuse, ville la plus puissante de l'île. 5.100 hoplites, 1.300 fantassins légers, 30
cavaliers, 136 trirèmes et 100 vaisseaux de charge participent à l'expédition, sous la direction de Nicias,
pas meilleur stratège qu'homme politique.
Après quelques mois d'opérations militaires et diplomatiques indécises, les Athéniens décident de mettre le
siège devant la cité ; la poliorcétique, à cette époque, étant plus que primitive, un siège se résumait à couper
la ville de l'extérieur, et à attendre que la lassitude et/ou la faim poussent les assiégés aux négociations.
Nicias fait donc entreprendre la construction d'un mur afin de barrer le plateau des Epipoles, du Grand Port,
où était ancrée la flotte athénienne, jusqu'à l'actuelle baie d'Augusta. Mais, par négligence, incompétence
et/ou sous-estimation de l'adversaire, Nicias ne pousse pas les travaux d'investissement jusqu'à la baie
d'Augusta, et n'organise aucun blocus naval de la cité.
C'est alors qu'arrive au secours des Syracusains un général spartiate, Gulippos. La suite de la campagne
n'est plus qu'un enchainement de revers, d'occasions manquées et d'erreurs stratégiques pour les
Athéniens, qui finissent par abandonner les Epipoles pour tenter de s'enfuir par la plaine qui s'étend au
sud-ouest de Syracuse. Ils se  font finalement coincer sur le fleuve Asinaros. Ceux qui échappent au
massacre sont enfermés dans les Latomies, où ils périssent quasi tous de faim.
Ce désastre majeur pour les Athéniens alerta les Syracusains : l'ennemi avait été vaincu plus par ses propres
erreurs opérationnelles que par les fortifications de la cité et l'habileté manoeuvrière de ses généraux.
Un autre danger se profilait : l'expansion carthaginoise en Sicile. Le point faible du dispositif défensif était
les Epipoles : les occuper signifiait menacer directement la la ville par la terre.
Le tyran Denys l'Ancien (430-367) entreprit des travaux de fortification gigantesques, qui n'étaient d'ailleurs
pas terminés lorsque les Romains assiégèrent la cité durant la Deuxième Guerre Punique.
Il fit ceindre la ville et les Epipoles de deux murs parallèles de 10 mètres de haut sur 3 de large, longs de 27
kilomètres. A l'extrémité occidentale des Epipoles, point d'accès au plateau, l'on édifia l'Euryale, l'une des
forteresses les plus imposantes et les mieux conçues de l'Antiquité, à tel point que les Romains qui, sous le
commandement de M. Claudius Marcellus, prirent Syracuse en 211, s'épargnèrent la peine de l'attaquer : il
 faut dire qu'Archimède se serait occupé de la conception de la pièce maitresse de l'Euryale, la grande batterie.
Nous suivrons, d'ouest en est, le parcours d'un assaillant qui aurait tenté de prendre la forteresse d'assaut.
J'en conviens, c'est fort cassé. Les ruines permettent cependant de se rendre compte de l'ampleur et de
l'étagement en profondeur des défenses.

Les fossés

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Il y en avait trois.
Le premier fossé a été comblé. Il se trouvait à l'entrée actuelle du site.
Nous passons donc au deuxième fossé.
Juste derrière, se trouvait un mur de couverture, percé de meurtrières.
Dans le fond, la Baie d'Augusta, constellée, non de trirèmes, mais de pétroliers.

 
Le troisième fossé, un peu en avant de la grande batterie.

 
Extrémité du troisième fossé.
Les piliers que l'on voit ici soutenaient un pont levis destiné au passage des soldats de la grande batterie
(vers la gauche) au mur qui couvrait le deuxième fossé (vers la droite).
Comme on le remarque à gauche, des galeries débouchaient dans le troisième fossé, permettant aux
défenseurs de s'en prendre aux assaillants qui seraient parvenus à y descendre, ou de déblayer les
matériaux que ceux-ci y auraient jetés pour le combler.

La grande batterie

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Elle est vue ici du bord du deuxième fossé.
Elle consistait en un donjon rectangulaire formé de cinq piliers juxtaposés de 15 mètres de haut, dont on voit
ici les moignons.
Ils supportaient une casemate équipée de lithoboles ou balistes, lance-pierres géants qui, exploitant la
torsion d'écheveaux de tendons, projetaient à une distance de 155 à 185 mètres des projectiles pouvant
atteindre 82 kilos. Contrairement à ce que pourrait laisser croire leur aspect "primitif", c'était des armes à la
fois précises et puissantes, capables, par exemple, d'emporter une tête à plus de 150 mètres.
La portée des balistes de la grande batterie est indiquée par la distance entre celle-ci et le premier fossé :
185 mètres. Toute troupe entreprenant de traverser le fossé était sûre de se faire arroser d'un tir
soigneusement préréglé.

 
L'autre face des piliers de la grande batterie.

Galeries et passages

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Passage entre la muraille méridionale de la forteresse et la grande batterie.
Vue prise vers l'ouest.

 
Le même, mais vu vers l'est.

 
Souterrain entre la grande batterie et le troisième fossé.

 
 D'autres passages souterrains facilitaient les mouvements de rocade, de contre-attaque ou de retraite des
défenseurs.

Autres restes de fortifications

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Dans le fond, la grande batterie ;
à l'avant-plan, un mur cloisonnant l'espace entre celle-ci et le mur d'enceinte des Epipoles.

 
Murailles septentrionales de l'Euryale, vers la baie d'Augusta.


 

Pour en savoir plus sur Siracusa 
Comune di Siracusa
 http://www.comune.siracusa.it/
Siracusa - Il sito archeologico
 http://www.geocities.com/Athens/Cyprus/3246/main.htm

Bibliographie

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Art et histoire de la Sicile, Casa Editrice Bonechi, 1999

Salvatore Ciurca & Giuseppe Walter Bologna, Les mosaïques de la villa "Ercula" de Piazza Armerina - Morgantina, Nicolò Maltese

Cours de grec de cinquième et sixième de Mme Leroy, professeur à l'Athénée Royal d'Auderghem

Jean H. Croon, Encyclopédie de l'Antiquité classique, Editions Séquoia, 1962

Vocabolario siciliano-italiano, Biblioteca delle tradizioni popolari, Brancato Editore, 2000

La Sicile, Le Guide Vert Michelin, 1998

Loretta Santini, Agrigente, La Vallée des temples et ses environs, Plurigraf, 1995

Syracuse, art, histoire, culture, Co. Graf. Editrice

Giuliano Valdes et collaborateurs, Le livre d'or de Taormina, Casa Editrice Bonechi, 1999

 

D. "October Equus" V. Avril - Mai 01
Revu Janvier 03
Réédition Juin 07

   

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