Les Grecs et les Romains n'entretenaient pas avec leurs dieux le type
de relation directe, personnelle, intime, parfois quasi fusionnelle,
que les fidèles des religions du Livre ont avec leur Dieu : la
pietas (respect de ses obligations envers la famille, la société, les dieux) romaine et l'
eusébèia (
"piété ; respect et amour des dieux"-
A. Bailly) grecque consistaient essentiellement en l'exécution de
rituels, quasi toujours dans un but intéressé :
il s'agissait de se
concilier les faveurs de ces personnages très puissants, mais pas
toujours bienveillants et parfois sourcilleux,
dans le but d'obtenir
d'eux des faveurs, c'est-à-dire des actes concrets, qui aient de
l'effet dans la vie quotidienne des humains : guérison, temps favorable,
bonne récolte, fécondité des femmes et du cheptel, réussite dans les entreprises individuelles
comme publiques, etc. Platon définit la piété comme la
"science des demandes et des présents à faire aux dieux".
"Je donne ceci et, en retour, la divinité sera bien obligée d'exaucer
mon voeu". C'est ainsi que nous avons trop souvent tendance à interpréter le
"do ut des"
des Anciens. Il ne faut pourtant pas s'imaginer qu'ils exécutaient
les
gestes de leurs
cérémonies mécaniquement, sans émotion, un peu comme nous
introduisons notre carte de banque dans le distributeur de billets
et pianotons sur son clavier, sûrs (enfin, quasi...) que la
machine va effectuer l'opération demandée. Ils n'étaient pas non plus
animés d'une volonté cynique de manipulation de la divinité par
application
d'un tarif.
La relation au dieu était en effet marquée
par la confiance, le
respect, l'obéissance à ses injonction, la gratitude et la
dévotion. Les prières et cérémonies étaient empreintes d'une
grande
ferveur, car ils permettaient au commun des mortels d'approcher le
divin. Enfin, les rituels, accompagnés de danses et de chants,
expressions de l'ordre du monde, réintégraient les fidèles dans
l'harmonie cosmique.
"Voici donc le char
tout ruisselant de lumière,
Et les quatre
chevaux : le Soleil illumine
La terre ! Les
astres sont éteints et l'éther
S'embrase, soir
sacré ! La cime étincelante
Et vierge du
Parnasse accueille la clarté
En faveur des
mortels. Le parfum de la myrrhe
S'envole vers
Phébos ; la prêtresse est assise
Sur un trépied
divin ; la Delphienne prononce
Des oracles et dit
:
« Vous
qui servez Phébos,
Allez à Castalie
aux tourbillons splendides ;
Imprégnez votre
corps de son onde pieuse
Pareille à la
rosée, puis revenez au temple.
Soyez silencieux :
c'est le meilleur augure
Et gardez-vous
pieux ! Dites aux consultants
Ardents à
rechercher d'agréables réponses
Que le silence seul
est à recommander. »
Quant à nous,
vaquons à ces occupations,
Celles que nous
accomplissons depuis l'enfance.
Et munis de
ces quelques rameaux de laurier,
Je m’en vais
balayer le parvis de Phébos.
Décorons cet
endroit de couronnes sacrées,
Déversons sur le
sol la rosée parfumée,
Et chassons les
oiseaux qui profanent les dons
À
mon maître divin.
À
Phébos j’ai voué
Tout le cours de ma
vie. Moi, je suis orphelin,
Et c’est avec
dévotion que je le sers."
(Euripide, Ion, 82 -109 - C'est moi qui souligne)
Chez les Grecs, les offrandes se subdivisaient
en deux grandes catégories :
non-sanglantes (
libations et
offrandes
végétales)
et sanglantes (thusia ou sacrifice de partage, et
holocaustes).

7.1 Les libations (spondè)
Elles étaients destinées à attirer l'attention des dieux et à se les rendre favorables.
Pour les verser, il fallait avoir les mains pures : ainsi, un
guerrier aux mains souillées de sang ne pouvait offrir de
libation.
Debout, le
visage tourné vers le ciel, l'on accomplissait ce rituel
en versant
quelques gouttes d'un liquide (vin mêlé d'eau, eau pure, eau mélangée à
du lait ou du miel)
sur un autel ou, à défaut,
le sol, par
exemple quand l'on était loin de chez soi, cas des voyageurs
et des armées en campagne. On adressait une prière et le fidèle qui
offrait la libation buvait le liquide.
La
libation est un
acte fréquent et social : on la verse au lever et au
coucher, souvent dans le cadre familial. Elle précède tout sacrifice
public. On l'offre aussi dans des occasions spéciales : départ en
voyage ou retour, étranger que l'on accueille, évènement inhabituel,
donc potentiellement inquiétant. Elle est obligatoire lors de la
conclusion de tout traité, au point que son pluriel,
spondaï,
finit par désigner les accords diplomatiques que l'on scelle en
invoquant les dieux des cités respectives, prêtant serment et
versant une
libation.

7.2. Les offrandes végétales
Certains autels, comme celui d'Apollon Gènètor à Délos, étaient
spécialement destinés aux sacrifices non-sanglants. L'on pouvait
déposer, soit sur l'autel lui-même, soit sur une table disposée à
côté, des grains de blé ou d'orge, des mauves ou de l'
asphodèle, symbole d'immortalité, des fruits, des galettes et des gâteaux (
popana). Avant d'interroger Apollon à Delphes, le fidèle offrait à l'origine une bouillie à base de céréales (
pélanos), qui fut remplacée par une contribution financière. Dans les sanctuaires de Démèter, des
vases à plusieurs récipients fixés sur un socle commun (
kernos) permettaient d'offrir grains de blé, d'orge ou d'avoine, pois chiches, lait, huile, vin et miel.
Les offrandes des prémices des récoltes (
aparchè)
étaient institutionnalisées. Comme il fallait s'y attendre, c'est le cas athénien qui est le mieux documenté :

chaque
année à partir de 420, les dèmes (cantons) de l'Attique furent tenus
d'envoyer une part de leur récolte d'orge et de blé au sanctuaire
d'Eleusis. Les alliés d'Athènes furent également "priés" de verser une
portion de leurs récoltes, qui était conservée dans des silos avant
d'être revendue au profit du trésor de la déesse.

Aux fêtes du printemps des
Thargèlia (7 du mois de
Thargéliôn, grosso modo, de notre mi-mai à mi-juin), dédiées à Apollon, les participants consommaient le
thargélos,
une bouillie de grains pas encore mûrs, afin de conjurer les
fléaux qui pourraient empêcher la maturation des produits
de la terre.

Lors des
Puanépsia (7 du mois de
Puanépsiôn,
deuxième moitié d'octobre et première moitié de novembre), encore en l'honneur
d'Apollon, l'on préparait un brouet avec des céréales et des légumes
bouillis, dont une part était offerte à la divinité, l'autre étant
mangée par les participants. Un enfant qui avait ses deux parents vivants (
amphithalès) portait
de maison en maison un rameau d'olivier entouré de bandelettes de laine (
eirésionè), auquel les habitants suspendaient diverses nourritures solides
(gâteaux, figues,...) ou liquides (vin, huile, miel). Ce rite était
censé apporter la prospérité.

7.3. Thusia : le sacrifice de partage et ses mythes
Le sacrifice grec sert à établir deux types de relations : d'une part
entre les dieux et les hommes, qui se partagent un animal selon des
modalités que j'expliquerai plus loin, d'autre part,
entre ceux-ci, car
tout sacrifice est suivi d'un banquet.
Le sacrifice est donc
un acte social, qui peut se dérouler dans le cadre privé de la maison (
oïkos),
des communautés intermédiaires telles que les cantons (dèmes athéniens)
et les
phratries, de la cité, des fêtes fédérales ou
panhelléniques, comme à Olympie. En temps de guerre, l'on
sacrifie une chèvre à Artémis avant chaque
bataille.
Comment ce rite se déroulait-il ?
Tout sacrifice est accompli sur un autel (
bomos),
qui est considéré comme le lieu le plus sacré de la cité : outre sa
fonction sacrificielle, il sert de lieu de refuge d'où il est
strictement interdit d'arracher un suppliant, qu'il soit citoyen,
étranger ou esclave, sous peine d'encourir la colère divine.
La victime, toujours un animal domestique (suidé, caprin, ovin,
bovin) doit être pure et sans défaut. On orne ses cornes, qui sont
parfois dorées, de guirlandes et on la conduit solennellement à l'autel,
accompagnée des personnes pour qui le sacrifice est offert.
Lors
des fêtes publiques, celui-ci est précédé d'
une procession (
pompè),
qui peut rassembler des foules considérables, lorsque, par exemple, la
cité honore sa divinité poliade, comme lors des
Panathénées à Athènes, ou à
Milet, où une
pompè
gigantesque reliait le temple d'Apollon, situé en ville, à celui du
même dieu à
Didymes, en s'arrêtant aux sanctuaires d'Hécate, des
Nymphes et d'Hermès. En tête, le prêtre ou la prêtresse du dieu, suivi
des magistrats.
Ensuite, des éphèbes encadrant les victimes, des canéphores, jeunes
filles portant des corbeilles (
kanoun) contenant le couteau sacrificiel et des grains d'orge qui
seront offerts à la divinité.
Le sacrifice était souvent précédé de danses et de chants (prosodies)
exécutés au son de la flute : d'une part, expressions et reproductions
de l'harmonie du monde, musique et ballets intégraient les homme dans
l'ordre cosmique ; de l'autre, l'énergie déployée à cette occasion
était censée susciter celle de la divinité et provoquer sa venue.
Ils étaient le plus souvent exécutés par des choeurs d'hommes, de
garçons (
paidès) ou des
représentants de la jeunesse, parfois de femmes (Thèbes, lors des
Daphnéphories en l'honneur d'Apollon Isménios ; Délos ; Sparte, où
Alcman a composé des hymnes pour les jeunes filles). L'on a conservé
des fragments de ces hymnes, et surtout deux chants à Apollon
composés en 128 par
Liménios d'Athènes en l'honneur d'Apollon
Pythien exhumés avec leur notation musicale, qui a permis une
reconstitution de ces airs.
Le prêtre, le bras droit levé et la paume tournée vers l'autel,
prononçait une prière pour la réussite des entreprises de la cité et la
prospérité des participants. Il jetait ensuite des grains
d'orge sur la victime et dans le feu avant d'asperger d'eau l'autel et
l'animal. Celui-ci était ensuite égorgé, son sang devant se répandre
sur l'autel, puis partagé :
les os longs, entourés de graisse,
destinés aux dieux, était totalement brulés. On versait des libations de
vin mêlé d'eau, dont l'on arrosait les morceaux de viande durant leur
cuisson. L'on examinait le foie de l'animal afin d'en tirer des
présages.
Les splankhna (
"viscères principaux - coeur, poumon, foie -... ; partage des entrailles de la victime pour le repas sacré"
- A. Bailly)
sont partagés
entre les assistants après avoir été rôtis sur le feu sacrificiel. Quant au
reste de la viande, il est bouilli dans
de grands chaudrons et
consommé lors d'un banquet réservé aux
seuls hommes. Ce festin était accompagné de pâtisseries et, on l'aura deviné,
de vin.
A l'origine, ce repas se
déroulait en plein air ou sous des tentes, mais, à partir du IVème
siècle, des locaux réservés aux banquets rituels seront construits,
comme à Lindos, où les Propylées sont flanquées de salles de festin.
Où l'on croise Prométhée
Les hommes consomment la viande de l'animal sacrifié alors que les
dieux doivent se satisfaire d'os entourés de graisse, ce qui, on en
conviendra, ne constitue par la part la plus savoureuse et attirante de la bête.
Comment expliquer cette anomalie ?
D'abord, d'une manière bien matérialiste : pourquoi les humains se
contenteraient-ils de ronger des os graisseux en contemplant d'un oeil
que l'on imagine morne et envieux de beaux quartiers de viande en train
de carboniser ? Mais l'avouer tiendrait du cynisme le plus
révoltant. Un mythe étiologique explique ce partage qui, a priori,
défavorise les invités les plus prestigieux et puissants au
banquet, les dieux eux-mêmes.
Nous
savons tous que Prométhée fut
enchainé à une colonne dans le Caucase et qu'un aigle venait
lui ronger quotidiennement le foie, qui repoussait chaque nuit.
"En
effet, lorsque les dieux et les hommes (38) se disputaient dans
Mécone, Prométhée, pour tromper la sagesse de Zeus, exposa à tous les yeux un
boeuf énorme qu'il avait divisé à dessein. D'un côté, il renferma dans la
peau les chairs, les intestins et les morceaux les plus gras, en les enveloppant
du ventre de la victime ; de l'autre, il disposa avec une perfide adresse les os
blancs qu'il recouvrit de graisse luisante. Le père des dieux et des hommes lui
dit alors : "Fils de Japet, ô le plus illustre de tous les rois
(39), ami
! avec quelle inégalité tu as divisé les parts !"
Quand Zeus, doué d'une sagesse
impérissable, lui eut adressé ce reproche, l'astucieux Prométhée répondit
en souriant au fond de lui-même (car il n'avait pas oublié sa ruse
ingénieuse) : "Glorieux Zeus ! ô le plus grand des dieux immortels,
choisis entre ces deux portions celle que ton coeur préfère."A ce discours trompeur, Zeus, doué d'une
sagesse impérissable, ne méconnut point l'artifice ; il le devina (40) et dans
son esprit forma contre les humains de sinistres projets qui devaient
s'accomplir. Bientôt de ses deux mains il écarta la graisse éclatante de
blancheur ; il devint furieux, et la colère s'empara de son âme tout entière
quand, trompé par un art perfide, il aperçut les os blancs de l'animal. Depuis
ce temps, la terre voit les tribus des hommes brûler en l'honneur des dieux les
blancs ossements des victimes sur les autels parfumés. "(Hésiode, Théogonie -
J'ai restitué le nom grec de Zeus)
Jusqu'à ce jour funeste, les hommes et les dieux étaient des commensaux.
L'on ignore pourquoi ils en étaient venus à se disputer : aucun mythographe
antique ne nous en fournit l'explication. Peut-être les dieux
étaient-ils jaloux des talents des hommes et
craignaient-ils de voir leurs pouvoirs augmenter. Peut-être
s'agissait-il d'une assez sordide discussion sur le partage du boeuf offert en sacrifice.
Toujours est-il que cette dispute fournit à Prométhée l'occasion de
jouer un mauvais tour à Zeus en dissimulant la part immangeable sous
une apparence appétissante. C'est oublier que celui-ci est le
maitre absolu de la ruse, et qu'il lui a suffi d'un coup d'oeil pour
comprendre la ruse du Titan.
Il fait mine de tomber dans le piège en choisissant les os : la
colère feinte retombera non seulement sur le coupable, mais aussi sur
les hommes, qu'il prive du feu, les réduisant à l'état animal.
Prométhée, en parfait
trickster, vole une parcelle du feu céleste
et l'apporte aux hommes en la dissimulant dans une tige creuse de
fenouil. Zeus se vengera de Prométhée en l'enchainant et des hommes en
leur envoyant un cadeau empoisonné, la femme.
Le sacrifice grec reproduisait le partage inégal opéré
par Prométhée. Mais ce qui sembla un instant un avantage pour
les hommes se retourna en malheur : les dieux se nourrissaient
d'immatériel, fumées, odeurs, parfums, tandis que les humains s'alourdissaient de viande de
bête morte.
Chaque sacrifice rappelait ainsi
aux hommes leur
condition mortelle, entre les Immortels et les animaux qui n'ont pas l'usage du feu. Cependant,
cette
cérémonie leur permettait de rentrer en contact avec les dieux, de les
combler, de solliciter leur faveur, de fléchir leur volonté.
Il existe une autre version du mythe étiologique du sacrifice, en
relation avec le culte de à Zeus
Polieus, célébré sur l'Acropole d'Athènes. Le philosophe néo-platonicien
Porphyre de Tyr
(234 - 305 PCN ) rapporte qu'un boeuf ayant dévoré des offrandes
végétales destinées à Zeus, son propriétaire le tua sous l'emprise de
la colère. Ce geste suscita l'ire des dieux, qui provoquèrent toutes
sortes de catastrophes. Sur le conseil de l'oracle de Delphes, il
institua un rituel afin d'effacer le crime originel : le boeuf du
sacrifice choisit lui-même son destin, et la hache qui avait servi à le
tuer fut condamnée et jetée dans la mer, ce qui purifia la communauté
tout entière. La différence essentielle avec la scène primordiale est
que le meurtre de l'animal n'est plus de l'acte d'un homme isolé, mais celui de la
communauté tout entière : le sacrifice fonde ainsi la
polis.

7.4. Les holocaustes De
holos, "tout" et
kaïô, "j'allume, je fais bruler". Ce rituel, désigné par le substantif
énagismos à partir du IIIème-IIème siècle, se différenciait de la
thusia
en ce sens qu'
il n'y avait pas de partage, la victime étant totalement
consumée après avoir été égorgée la tête tournée vers le sol, en
direction d'une fosse.
Il était rare que les dieux reçoivent des holocaustes et l'on constate
dans ceux qui leur sont destinés la coexistence d'un sacrifice de partage et de l'offrande d'une victime de
moindre valeur qui est entièrement brulée. A Kos, Zeus
Polieus et
Héraklès reçoivent un boeuf qui est partagé entre la divinité et les
hommes, ainsi qu'un porcelet totalement consumé. Il en est de même pour Zeus
Polieus à Thorikos (côte est de l'Attique). Parfois, l'on offre aux
dieux une part plus importante qu'à l'accoutumée, comme à Erkia, où
Artémis reçoit la peau entière. Il semble que des situations de crise
soient à l'origine de ces sacrifices inhabituels : on a probablement
estimé qu'une combustion complète avait plus de chance d'apaiser la
divinité.
A Patras, l'on célébrait un
curieux holocauste qui associait des animaux domestiques, des
animaux sauvages (sangliers, cerfs, loups, ours, oiseaux) et des fruits
d'arbres cultivés, offerts à Artémis Laphria sur un immense
bucher. Leur roi Oïneus ayant négligé de lui offrir des produits de la
terre, Artémis fit ravager le pays par un sanglier gigantesque.
Méléagre, fils d'Oïneus, rassembla les meilleurs chasseurs de l'Hellade
pour traquer la bête. Or, la colère d'Artémis ne s'apaisa pas, bien au
contraire : une dispute éclata pour le partage du fauve, au cours de
laquelle Méléagre tua ses oncles, avant de périr : une prophétie ayant
assuré qu'il vivrait tant qu'un tison ne serait pas entièrement
consumé, sa mère, Althée, ralluma celui-ci. Cet holocauste,
destiné à apaiser la déesse, réintroduisait la sauvagerie à l'intérieur
de la cité afin de conjurer son anéantissement.
L'holocauste est plus particulièrement réservé aux héros, qui recevaient à la fois des
thusiaï et des
énagismoï.
Ces derniers étaient accomplis sur les tombes mêmes des héros, et plus
particulièrement celles des héros morts de façon violente, qui, étant
considérés comme des défunts, ne pouvait bénéficier d'un sacrifice de partage
, car les vivants devraient partager leur
repas avec un mort, acte qui constituerait une souillure.
Certains
énagismoï
au profit de héros se déroulent en été, saison pendant laquelle
la végétation est brulée par le soleil : une offrande complète de la
victime servait donc à
réactiver les forces de la terre par
l'intermédiaire des héros, car ils étaient en contact avec elle.